08/02/2025
Ses quatre tomes marient avec habileté, manipulation, emprise et « gaslighting » (prise de pouvoir psychologique sur l’autre par le doute de la parole et de l’esprit). Ils ne se lisent pas. Ils se dévorent tant le récit y est haletant et prenant. C’est l’effet cacahouètes. Quand on en goute un, on ne s’arrête plus ! Les situations s’enchaînent avec des coups de théâtre qui viennent provoquer notre esprit d’analyse, le tout soupoudré de romance à la sauce Harlequins. Eh oui, n’est pas « Hercule Poirot » qui veut.
Mais de quoi parlent ces romans ? Ils racontent l’histoire de Millie, une jeune femme en liberté conditionnelle qui vit dans sa voiture. Elle décroche un travail de femme de ménage auprès des Winchester, un riche couple new-yorkais, parents d’une petite fille. C’est une chance inespérée pour elle. Les missions attendues sont à sa portée. Le salaire plus qu’attrayant. Tout semble donc parfait, mais c’est sans compter les mystères, les doutes, les machinations, les suspicions et les accusations. L’auteure fait un plot twist (retournement). L’histoire prend une toute nouvelle orientation. Millie déchante. Elle se retrouve prise dans un piège diabolique. Si seulement elle avait été moins innocente, elle aurait pu l’éviter. Comme quoi, il faut se méfier de ce qui semble évident. Elle va l’apprendre à ses dépens. Heureusement, Enzo veille sur elle pour la sortir de ce guet-apens, mais pas que celui-là. Millie n’est pas au bout de connaître de nouvelles et étranges histoires. En autres, avec les Garrick, couple multi millionnaire qui va aussi se jouer de sa crédulité en la mettant à dure épreuve.
"La femme de ménage" c’est quatre tomes (« La femme de ménage », « Les secrets de la femme de ménage », « La femme de ménage voit tout », « Le mariage de la femme de ménage ») au succès mondial qui s’est fait dans un temps record. Merci Tiktok. Merci le bouche-à-oreille. Et l’engouement est loin d’être fini. Même le septième Art s’y intéresse ! Et on le comprend. Chaque page projette la visualisation. Une adaptation sur grand écran serait prévue pour fin 2025. Ce serait l’actrice américaine Sydney Sweeney qui serait pressentie pour le rôle de Millie. On a hâte. À suivre donc.
10/11/2024
De Villedieu, un nom prédestiné à celle qui était une enfant douée, mais différente par sa maturité, son hypersensibilité, son ultra connexion à d’autres mondes et entités et son intuition éveillée.
Issue d’un milieu catho-aristo-classique, son environnement familial lui est totalement toxique et abusif. Incomprise, blésée au plus profond d’elle-même, elle cherche sa voie. Mais devant sa quête d’amour et de reconnaissance, sa foi intérieure pousse celle qui prie et médite régulièrement au Sacré-Cœur pour se relier à l’énergie christique et se sentir en communion avec l’univers ou l’archange Michaël, à rentrer dans les ordres. « Je me sentais guidée par une force intérieure au plus profond de moi et rien ni personne ne pourrait m’en dissuader. » Pour cause, elles étaient ailleurs.
Sa différence, Annabelle va alors la revendiquer, la cultiver et en faire une force. Ses expériences spirituelles vont lui permettre de travailler sur elle, de se libérer de ses blocages, de ses doutes, de ses angoisses, de ses traumas, d’incarner son âme, de se regarder en profondeur, de se nettoyer, de se purifier, de se réhabiliter, de trouver son alignement et son ancrage, pour enfin, se réconcilier avec son enfant intérieur et arriver à la guérison. Ce sera un long chemin de croix, parsemé d’expériences douloureuses, voire même traumatisantes, mais qui, in fine, va lui permettre de s’accepter, de reprendre sa place, de retrouver son propre pouvoir et d’être la femme libre qu’elle est aujourd’hui. « Je ressentais une foi inébranlable en la vie, en l’amour et en cette puissante connexion à d’autres mondes qui m’a toujours guidée avec force et confiance sur le chemin » ; celui de la spiritualité.
Avec « Naître médium », Annabelle de Villedieu ne fait pas que de nous partager sa médiumnité et son don de guérisseuse de l’âme. La thérapeute en déprogrammation et reprogrammation des mémoires, musicothérapeute énergétique, témoigne avec humilité de sa quête personnelle et de tout son processus initiatique d’acception. « La guerrière de lumière » y livre là son ode à la vie pour nous guider dans notre propre chemin de réalisation. Tout est possible. Nous tenons dans nos mains les rênes de notre destin. Nous en sommes les auteurs.
« Naître médium : clairvoyance, chemin d’âme, rencontres initiatiques, voyages chamaniques …, l’extraordinaire témoignage d’une guérisseuse de l’âme » de Annabelle de Villedieu, aux éditions Animae
10/08/2024
Depuis plus de cinquante ans, elle est habituée aux regards que les Autres posent sur sa différence. Annick est une autiste mutique, épileptique et polyhandicapée. Il serait louable de vouloir s’apitoyer sur ce qu’on qualifierait de fatalité ou d’injustice. Mais chez elle, exit tout sentiment d’accablement et de révolte. Parfaitement consciente de qui elle est, elle se détache totalement du qu’en-dira-t-on. Par son acceptation, Annick a fait de sa réalité une alliée. Certes, elle ne parle pas, mais elle sait donner de la voix à son silence. « Dans mon silence, je fuis toutes les futiles paroles qui bloqueraient mon cheminement de pensées. Disposer de mes petites cellules grises vaut pour moi une abstinence de mots superflus. »
Et là, vous vous demandez comment cela est possible ? Grâce à une famille unie et pour laquelle l’adversité n’aura pas d’emprise. Il est facilement imaginable que l’annonce du handicap de leur fille a durement confronté cette fratrie composée de trois autres enfants. Comme tout être aimant, les parents se sont sentis coupables, impuissants, et angoissés. Face à leur détresse, leurs doutes et leur souffrance, ils ont décidé d’accepter cet état de fait, de combattre l’indifférence de la société à l’égard du handicap d’Annick et d’avancer. Devant le manque de structures adaptées ils ont donc pris les choses en mains pour comprendre le mode de fonctionnement de leur fille et lui créer des repères propres à elle.
Annick a de grandes facultés intellectuelles qui plus est, mémorielles. Depuis sa naissance, elle évolue dans une sphère culturelle riche de connaissances. « (…) l’autisme dont je suis atteinte booste mes neurones au maximum et fait de ma mémoire une sorte d’éponge qui absorbe tout et reste imprégnée en mon disque dur du cerveau. » Alors oui, Annick est dépourvue du langage verbal, mais cela ne veut pas dire que communiquer avec elle soit impossible. Un espoir vain selon vous ? Si chance infime il y a, il faut la saisir. Qui ne tente rien, n’a rien, n’est-il pas ? Est-ce courageux ? Pour Annick « Le courage n’est pas de combattre ce qui malheureusement ne peut changer, mais de trouver des parades qui vont donner du goût au combat ». Qu’à cela ne tienne. Sa mère, alors professeur de collège, arrête définitivement l’enseignement pour se consacrer à sa fille, âgée de 16 ans. Il lui faut trouver le moyen qui permettra à Annick de sortir de sa solitude, de libérer son esprit de son enfermement et d’exprimer ses maux intérieurs. C’est ainsi qu’elle met en place une méthode d’apprentissage, l’Aico (aide à la communication), qui lui permet de communiquer avec elle via un clavier interposé. Résultat ? Des échanges constructifs et interactifs sont créés avec Annick. N’allez pas croire que cela s’est fait du jour au lendemain. Ce fut un long et fastidieux chemin de croix, que la mère d’Annick a, par sa foi profonde, façonné en chemin d’espérance. Il lui faudra beaucoup de patience, de persévérance et d’adaptation. Sa détermination de maman fera le reste. Tout en accompagnant le geste d’Annick sur les touches du clavier, elle peut désormais parler avec sa fille. Annick peut enfin exprimer ses pensées, ses idées qui fourmillent et tournent en rond dans sa tête. Et elle le fait même avec pertinence. Aucun de ses mots n’est futile ou superflu. Ses propos sont tout aussi clairvoyants que réfléchis et argumentés avec sens. « Enfin, je goûtais le bonheur d’être entendue sans filtre (…) » Grâce au clavier, mère et fille forment dorénavant un tandem précieux où chacune se fait confiance. « Aujourd’hui, je dispose de toutes mes facultés pour faire danser les mots que je dis et qui voyagent au gré de ma poésie. Je forme des tournures de phrases qui me font rire intérieurement et j’éprouve de la joie à partager toutes sortes de connaissances avec ceux qui acceptent de m’accueillir comme je suis. »
Bien que miraculeuse, cette victoire n’en est pas acquise pour autant. Elle exige un apprentissage et une pratique régulière, car pour Annick tout est présent. Seuls des instants jalonnent son quotidien. Alors, pour ne pas oublier, avec sa mère Marie, elles ont décidé de raconter leur histoire dans un livre écrit à quatre mains, empli d’humilité. Ici, il n’est nullement question de bravoure. « Le prix du silence », n’a pour seule intention sincère que de donner du sens à la particularité d’Annick et de casser les préjugés sur l’autisme. Annick est une femme et en tant que telle, elle doit être respectée et non pas seulement considérée comme une personne handicapée inspirant de la pitié. Avec sa mère, elle livre un message d’espoir, une leçon de vie dédiée aux "Sans voix".
« Le prix du silence » par Annnick et Marie Deshays, éditions Sydney Laurent.
Pour toute information sur la méthode de communication Aico et sa formation : deshays.annick@neuf.fr
13/08/2023
C’est le cas de Cyril Lichan, journaliste, producteur de podcasts, animateur de conférences et auteur. Ce couteau suisse, grand humaniste, « passeur de clés » passionné était un homme amoureux. Eh oui, était, car celle qu’il estimait comme étant « celle du reste de sa vie », l’a quitté. C’est la vie penserez-vous. Certes. Mais pour tout homme épris qui se respecte, cette séparation peut être un véritable tsunami. C’est ce qui se passe pour Cyril. Ce raz de marée émotionnel le dévaste. Mais sa petite voix intérieure lui fait prendre conscience que la mort de l’amour de celle qu’il considérait comme son âme sœur, ne doit pas l’emmener dans la dépression. Il ne doit pas sombrer et surtout, ne pas s’abandonner lui. Il est son meilleur allié. Il doit être dans l’acceptation, (re)apprendre à avancer avec de nouveaux repères en trouvant la force et l’énergie pour se libérer de ses sentiments, de son mal être et évacuer ses pensées parasites. Bref, en résumé, il doit faire le grand ménage dans sa tête comme dans son corps pour « garder l’essentiel tout en chassant le superficiel. »
Et pour cela, rien de mieux que de libérer les maux par les mots. Écrire va devenir son défi de 60 jours. Le normand d’origine et lyonnais d’adoption se donne pour mission de tenir un journal de bord et d’y rédiger une page chaque soir pendant deux mois. Témoin de son lâcher prise, le papier va devenir le buvard de ses émotions, de sa douleur, de sa colère. Un travail introspectif thérapeutique qui sera « le meilleur moyen d’avancer sans se faire mal. » La réalité devient tout à coup plus simple à accepter. Lui qui était en apnée, sort enfin la tête de l’eau. Respirer à nouveau lui donne des ailes. S’exprimer par le verbe lui fait changer de comportement. Il doit effectuer un virage à 190 degrés s’il veut vivre pour lui, faire de sa vie un enchaînement de petits moments heureux et ne plus perdre de temps. Il ne tient qu’à lui « d’être le maître de sa vie, le capitaine de son destin. » Pour beaucoup, « l’amour est la clé du bonheur ». Mais Cyril comprend en écrivant « qu’il était aussi le cadenas de l’esprit. » Et c’est au moment où l’on s’y attend le moins, que la lumière refait surface et que tout devient évidence(s)…
« Evidences(s), le petit journal intime d’un homme amoureux », le premier roman autobiographique de Cyril Lichan à découvrir; une thérapie par les mots qui démontre le pouvoir salvateur et libérateur de l’écriture sur le bien-être mental. Aux éditions Fortuna.
13/08/2023
Il est assurément le couteau suisse de la presse. Aucun des trois grands médias n’a eu raison de Philippe Bouvard, tant il les a maîtrisés à la perfection, avec un œil avant-gardiste. Il est tombé dans le chaudron du pouvoir des mots dès ses 6 ans en rédigeant son premier journal ; un magazine dédié à sa famille et offert à des proches. L’art de manier le verbe ne le quittera plus. Il affûtera sa plume jusqu’à en faire un style mordant à souhait qui deviendra sa marque de fabrique.
C’est sans aucun diplôme en poche, sans plus de formation, mais avec son impertinente détermination qu’il a réussi à faire carrière. Comme quoi, il faut toujours suivre sa passion. Oscar Wilde l’a dit : « La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. » Philippe Bouvard a fait bien mieux. Il les a réalisés en étant pendant 22 ans l’une des grandes signatures du Figaro, en devenant le patron de France Soir et en présentant des milliers d’émissions, que ce soit derrière un micro de radio ou devant une caméra de télévision. RTL, avec « Les Grosses têtes » peut lui dire merci. Le maestro a donné le ton en libérant la parole.
Qu’ils s’agissent de chefs d’Etat, d’écrivains, d'artistes, de grands décideurs, d’hommes d’affaire, de chefs étoilés, de chansonniers, de grandes vedettes ou encore de stylistes, Philippe Bouvard a côtoyé le Tout-Paris d’hier et d’aujourd’hui, le plus souvent lors d’un bon repas. Son carnet d’adresses est tout aussi impressionnant qu’une pièce montée. Certaines de ces personnalités composent son "petit monde". Tel un hommage, il nous en "tire" le portrait de son verbe affuté comme pour les remercier de les avoir rencontrées et interviewées.
L’homme érudit, qui a fait découvrir une centaine de talents, qui a été comédien à ses heures et dialoguiste pour Bourvil, parle aussi de ses nombreuses acquissions, qu’ils s’agissent de théâtre, de livres ou de voitures. Puis, identiquement à une liste de courses, il énumère non sans ironie dans ce 69ème livre qui fait office d’une chronique pré-nécrologique, les échecs, les lacunes et les carences qui ont été les siens, comme pour s’en dédouaner, à bientôt 94 ans. Mais en a-t-il seulement besoin ?
Alors, moi aussi, Cher Monsieur Bouvard, je vous dis « Merci ».
« Le petit monde de Don Bouvardo » de Philippe Bouvard aux éditions de l’Archipel